Un royaume en dérive, un conflit entre humains et sorciers et une disparition mystérieuse. Trouverez-vous votre place à Corona ?

 

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 WILHELMINA • Make a wish [FLASHBACK]

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MessageSujet: WILHELMINA • Make a wish [FLASHBACK]    Lun 12 Mar - 23:05

Make a wish

Kaela  & Wilhelmina

505eme Automne , Kaela 17 ans.



Kaela se surprit à profiter de la douce chaleur du soleil sur sa joue tendue. Les yeux fermés, les mains sous son séant, les genoux croisés, elle était assise sur un banc, face au bruissement délicat des feuilles et aux remous apaisants de la mer qui venait lécher les côtes de Corona. Son buste était penché vers l'arrière, mais pour une fois, son dos n'était pas douloureux. Elle se sentait étonnamment légère, ses cheveux roux volaient au gré du vent, effleurant parfois ses yeux clos. La jeune femme était tenté d'ouvrir ceux-ci, mais elle ne pouvait s'y résoudre. Il était si rare qu'elle parvienne à s'accorder un instant de repris et cet instant la comblait d'un tel bonheur que s'en arracher maintenant aurait été du gâchis. Elle se sentait légère, libre de toutes ses corvées. Une étrange impression monta en elle, Kaela s'imaginait féminine et resplendissante sur ce banc au bord de l'eau. Ses longues boucles rousses entouraient son visage dont les traits n'étaient plus tirés, sa peau semblait douce et sa robe...  oh ! sa robe brillait d'une multitude de couleur qui mettait en valeur son teint et son être entier. Elle prit une grande inspiration, elle se sentait vivante. Un tel état de plaisir ne lui avait jamais été accordé, elle se sentait libre et légère, capable de voler elle aussi au gré du vent, libre de ses liens qui la tenaient si fermement accrochés aux Ferenbach, libre de ses contraintes, du poids de son dur labeur, ses mains lui semblaient si douce, si féminines, elle avait l'impression d'être l'incarnation même de la beauté. En ouvrant les yeux finalement, Kaela croisa le levé du jour, celui-ci semblait faire flamber ses mèches et sa robe, qui était déjà magnifique dans son imagination, lui donnait une allure si sophistiquée et chic qu'elle eut eut le souffle coupé. Ne pouvant retenir un léger sourire, elle se leva et contempla ses mains qui était manucuré, il n'y avait ni saleté ni peau morte, juste de superbes ongles sur des mains graciles, ornées de quelques bijoux d'une valeur inestimable. Elle tourna sur elle même, laissant le vent chaud la pénétrer, la posséder. Elle ne voulait pas quitter cet endroit, jamais. Elle aurait tant aimé resté là à tourner sur le monde, ayant l'impression que celui-ci tournait autour d'elle.

Une douleur sourde vint lui percuter les côtes. Kaela se cambra sur l'avant, tenant son corps contre elle-même. Quelque chose n'allait pas, cette scène sonnait faux, mais elle refusait de s'y laisser arracher. L'autre côte subit la même attaque, elle se crispa davantage, serrant les dents pour retenir ses larmes. « Pitiez ! Non !  » cria-t-elle, mais le vent était devenu assourdissant et ses mots ne furent entendu par personne. On s'acharnait sur ses entrailles, Kaela était au sol, le décor n'était plus le même. L’apaisement de l'instant d'avant était devenu un enfer, le soleil semblait lui brûler la peau et cette robe, si belle, si pure, semblait la transpercer. Le coup de grâce qui lui asséner lorsqu'elle sentit ses cheveux tiré vers l'arrière, l'éloignant de ce magnifique spectacle, de cet endroit si beau. Les larmes roulaient sur ses joues, elle se sentait redevenir esclave des Ferenbach. « Debout ! » criait-il de sa voix rauque, grave et autoritaire. « Fainéante, lève toi !  ». Le Docteur était bien là, Kaela ouvrit doucement les yeux, elle s'était visiblement assoupie sur ses travaux de couture avant de les avoir terminés. Elle tenta de se redresser mais Ferenbach lui donna un coup dans le dos, celui-ci fut si fort qu'elle retomba, face contre terre, le souffle court. «Je-Je suis... » balbutia-t-elle avec le plus grand mal. Il semblait fou de rage, ou simplement fou. Kaela avait déjà vu cette folie dans les yeux du médecin, et croiser le regard embrasé de celui-ci lui arracha un frisson d'horreur. Il va finir par me tuer... pensa-t-elle avec amertume alors qu'il la ruait toujours de coups. Il se déchaîna sur elle pendant ce qui lui semblait être une éternité.

Une fois à peu près calmé, Monsieur vint poser un genou à terre, près de Kaela qui était restée allongée sur le sol, elle n'était pas encore inconsciente, elle tremblait de peur et de douleur et retenait tant bien que mal les sanglots dans sa gorge. « Kaela,  » reprit-il d'une voix presque douce, mielleuse. Lorsque celle-ci releva quelque peu son visage pour apercevoir celui du médecin, il empoigna la chevelure rousse de la jeune femme pour la redresser de force et, sans vraiment se contenir, lui asséna un dernier coup au visage, suffisamment fort pour immédiatement y laisser une marque, mais pas assez pour la blesser plus que nécessaire. Elle devait être en état de faire ses tâches du jour. Il la relâcha alors, Kaela se laissa retomber sur le sol. « Lave toi et va au marché, ne tarde pas. Je ne t'épargnerai peut-être pas la prochaine fois. » sur ce, la porte se ferma dans un gros bruit et Kaela laissa échapper les quelques sanglots qui lui brûlaient la gorge.

Elle resta quelques instants au sol avant de serrer les poings et d'user de ses dernières forces pour se redresser, son séant posé sur ses mollets. Son buste était extrêmement douloureux, chaque mouvement, chaque respiration semblait lui arracher un gémissement, ses jambes étaient intactes. Elle sentait sur son visage un léger picotement, levant la main pour toucher sa pommette agressée peu avant, la jeune femme ne fut pas surprise d'y trouver un peu de sang. La jolie rousse dû s'y reprendre à plusieurs fois pour parvenir à se redresser sur ses jambes qui tremblaient, elle était profondément choquée par ce qui venait de lui arriver, mais ne pouvait se soustraire à ses obligations. Elle fit en sorte d'atteindre le seau avec lequel elle se fit un brin de toilette. L'eau froide eut pour effet de la réveiller, bien qu'elle ne fut pas agréable.

Kaela quitta la demeure sur la pointe des pieds, enfila sa cape, ses souliers et noua, à sa ceinture, la bourse qui lui avait été confiée. Elle priait pour ne croiser personne dans la maison, mais Madame devait encore être au lit et Monsieur avait du quitter la demeure pour rejoindre son cabinet qui se trouvait à quelques pas de là. Sa joue était douloureuse, comme le reste de son corps. Elle n'avait pas beaucoup dormi et ce réveil sans gentillesse n'avait pas aidé à la reposer. La jeune femme descendit la côte sur laquelle était bâtit le quartier bourgeois pour se rendre au marché. Le soleil était déjà bien haut, sans doute était-ce pour cela que le Docteur l'avait surprise en train de dormir. Peut-être l'avait-il sonné plusieurs fois, il était rare que celui-ci se lève et vienne la chercher. Pour cause... Kaela faisait en sorte de ne jamais avoir à croiser Monsieur Ferenbach lorsque celui-ci était contrarié, elle savait très bien ce qui arrivait dans un tel cas. Prenant place près d'un stade de viande, Kaela redressa quelque peu la tête pour observer ce que le marchand y proposait. Il y avait un peu de monde, il lui faudrait patienter. La jolie rousse priait pour que cela ne prenne pas trop de temps, elle avait d'autres courses à faire et d'autres tâches à accomplir. Sans doute ne survirait-elle pas à cette journée si Ferenbach décidait de la ruer de nouveau de coups.



Réservé, Wilhelmina- 1286 mots.

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STATUT : célibataire. coeur et mains liés. il lui faudrait être libre d'aimer pour autoriser son coeur à palpiter pour quelqu'un.
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MÉTIER : esclave de sa propre famille. elle est domestique auprès de nobles de Corona.
COMPÉTENCES / POUVOIRS : manipulation de l'énergie vitale. Usant de l'énergie vitale des plantes, Mina est capable de soigner végétaux et êtres vivants. Avec de la concentration, une lueur verte entoure la plante visée aspirant l'énergie de cette dernière pour se glisser au coeur des mains de la demoiselle qui la transfère à un autre végétal ou un être humain. Un don aussi tendre que son utilisateur. Seulement, de par son jeune âge et son manque d'expérience, la demoiselle ne peut pas soigner des blessures et des maladies trop importantes.
AVIS SUR LA DISPARITION DE LA PRINCESSE : La politique n'est guère dans ses talents. On ne lui n'a jamais expliqué les nuances et les spécificités de ce domaine. Seulement, comme bien d'autres, elle sait combien cette disparition est néfaste. Inquiète ? Will ne connaissait pas la princesse, elle n'était pas proche. Elle ne peut donc réellement dire que cette disparition la touche particulièrement.


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MessageSujet: Re: WILHELMINA • Make a wish [FLASHBACK]    Mar 13 Mar - 15:26





make a wish

☾ ☽
L’aube se levait à peine sur le domaine Ravenlock et pourtant cela faisait bien des heures où la jeune domestique courait dans les couloirs de la grande demeure, enchaînant les tâches qu’on lui donnait. À bien des reprises, elle avait failli s’effondrer de fatigues au détour d’un couloir, seulement elle savait. Elle savait que cela ne lui était pas permis, que nombreux seront les coups qui pleuvraient si elle n’était pas dans les temps, si elle s’autorisait un moment de « repos » en s’effondrant ainsi. Rassemblant une énergie qu’elle avait déjà épuisée depuis longtemps, Wilhelmina finissait de faire le ménage des quartiers communs avant qu’elle ne se glisse dans les cuisines pour y aider la cuisinière. À plusieurs reprises, elle manqua de se brûler alors que la voix de la cuisinière résonnait dans son dos pour lui dire d’être plus rapide, plus vive, car les maîtres ne tarderont pas à quitter leurs chambres respectives afin de prendre leur petit déjeuner. Tout devait donc être parfait, dans les temps pour ce moment-là. Essouflée, Will releva sa crinière sombre et la noua avec un morceau de corde dans un état lamentable. En même temps, elle ne pouvait se permettre de prendre un ruban, même en récupérant ceux dont les femmes de la maison ne voulaient plus. Un jour, enfant, elle avait eu le malheur de croire que cela lui était permis. Elle se souvient encore de la sensation, de la légèreté dont elle avait soudainement fait preuve alors qu’au sol, autour d’elle gisait le ruban au milieu de ses cheveux si violemment coupés. Pendant plusieurs années après cela, sa coupe avait été si courte, inégale. Une coupe qui n’avait fait qu’accentuer la honte et la détresse qu’elle ressentait depuis bien trop longtemps à présent. Alors, elle savait aujourd’hui que cette corde lui suffisait, il le fallait.

Le repas prêt, Will s’activa à nouveau. Enchaînant les aller-retour entre les cuisines et le grand salon, Will déposait tous les mets et les boissons sur la grande table. Le tout, en essayant de bien faire, de faire une belle table comme les Ravenlock appréciait. Puis, lorsque le patriarche entra, Will se mit naturellement dans un coin de la pièce en compagnie de deux autres domestiques. Restant plantée là, elle priait en silence pour que son ventre, désespérément vide, se tienne silencieux pendant tout le repas. Hélas, la vision de la nourriture en très grand nombre sur la table rendait la tâche ô combien difficile. Elle inspira profondément, s’ancrant fermement sur ses jambes lorsque, pendant un bref instant, sa vue devint floue. Faim et fatigue. C’était sans doute uniquement son désir de vivre qui l’aidait à se maintenir debout ou bien à faire le tour de la table pour servir les boissons de ses maîtres lorsque leur verre se vidait dangereusement. Hors de question de donner une raison de plus au patriarche de lui laisser de nouvelles marques. Alors, elle fit de son mieux. À la fin du repas, elle rangea tout avant de manger les restes. Elle mangea, dévorait. Le tout bien trop rapidement pour savourer les saveurs. Mais elle mourrait de faim, amusant les domestiques au passage. Rares étaient ceux qui se rabaissaient à cela. Mais eux, étaient mieux traités qu'ils. Il avait droit à de véritables repas. Sa fierté ? Cela fait bien longtemps qu’elle a perdu la signification de ce terme.

Repue, elle lava les plats et s’autorisa un semblant de repos. Mais il n’en fut rien. Un domestique lui donna un morceau de papier pour qu’elle se rende au marché afin d’y faire les courses. Seulement, devant la mine de la demoiselle, il grogna de frustration et lui énuméra ce qui se trouvait sur la liste. Maintenant, c’était un jeu de mémoire qui commençait, car elle ne pouvait pas se permettre d’oublier quoi que ce soit. Ainsi, mettant sa cape dont elle déposa la capuche sur sa tête, Will se répéta en boucle les emplettes qu’elle devait faire et se mit en chemin. Un léger tremblement la traversa alors qu’elle se glissait entre les villageois. Le marché était rempli et s’y frayer un chemin avec son petit panier était loin d’être aisé. Elle suffoquait. Passer du temps, seule, loin d’autant d’animation et d’agitation. Malgré les fois où elle avait accompagné ses aînés, Will avait toujours un peu de mal lorsqu’elle se retrouvait dans ce genre de lieux, au milieu de temps d’inconnus.

Se glissant au stade de viande, Will se passait encore en boucle les items dont elle avait besoin. Son regard vagabondait sur les morceaux de viande et timidement, elle demandait ce dont elle avait besoin. Lorsqu’on lui annonça le prix, une moue de concentration se glissa sur son visage et elle compta difficilement les pièces qui lui étaient nécessaires avant de les déposer dans la paume du boucher. Elle prit ensuite sa viande et s’apprêtait à continuer son marché lorsque son regard capta le visage d’une jeune femme. Elle lui donnerait son âge. Mais, ce qui ne la capta pas dessus tout, fut l’hématome encore frais qui colorait sa pommette. Elle n’était donc pas la seule à être frappée. Non. Pendant un instant, Wilhelmina eut l’impression de se voir dans le miroir. Non pas sur un point de vue physique, mais pour tout le reste. Elle s’imaginait la vie de cette jeune fille. Peut-être semblable à la sienne ou bien tout le contraire. ❝ je… ❞ commença-t-elle avant de se taire. Qu’allait-elle lui demander au juste ? Pouvait-elle vraiment se permettre de se montrer ainsi curieuse ? Pouvait-elle surtout se permettre d’être en retard à cause de ce qui était peut-être son imagination ? Malgré tout, elle ne put s’empêcher de s’approcher de la jeune femme pour souffler un petit conseil en connaissance de cause. ❝ je...  je vous conseille l’hélichryse pour … enfin pour… ❞ Elle aurait pu utiliser son don, si cela lui avait été permis. Hélas, cela ne l’était pas et avec tout ce monde… Non, la plante citée pouvait également faire son effet. Elle en avait utilisé à plusieurs reprises sur ses blessures, elle-même, piochant de cette plante dans un recoin des jardins de la demeure Ravenlock.  


kaela & will
(c) SIAL ; icon ivanabaqero.tumblr



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MessageSujet: Re: WILHELMINA • Make a wish [FLASHBACK]    Mar 13 Mar - 22:35

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Kaela  & Wilhelmina

505eme Automne , Kaela 17 ans.



Les Ferenbach n'avaient pas encore petit déjeuné, songea la jolie rousse avec amertume. Il lui fallait se dépêcher, si Monsieur n'allait sûrement pas manger en cette matinée, Madame, elle, ne manquerait jamais ce repas sacré. Quelques tranches de lards, des œufs et du lait devraient faire l'affaire, il semblait à Kaela que le cacao en poudre n'était pas complètement épuisé, à moins que l'épouse ne se soit servie cette nuit ce qui aurait été étonnant, elle ne se déplaçait presque jamais. La jeune femme laissa échappé un long soupire alors que les personnes devant elle prenaient le temps d'observer l'étale du boucher. Quelques mouches s'étaient agglutinées autour des bouts de viande, certains lui semblaient peu frais, mais Kaela ne comptait pas dire quoi que ce soit. Si par malheur -ou bonheur - elle pouvait empoisonner ses employeurs, elle le ferait sans sourciller. Jamais la jolie rousse ne se serait pensée capable de meurtre, même accidentellement, pourtant, depuis les brimades du matin même, elle sentait quelque chose lui échapper, elle se sentait changer. Voilà 17 années déjà qu'elle travaillait d'arrache pied pour ces odieux "maîtres" comme ils aimaient à être nommés, 17 ans qu'elle laissait de côté ce qu'elle pouvait être, ce qu'elle voulait être pour se soumettre à leurs exigences. Ils n'avaient jamais daigner lui dire d'où elle venait, pas même son nom de famille. Tout ce que Kaela savait, c'était que son géniteur l'avait abandonné dans l'enfer qui était le sien à présent. Au fond d'elle, elle en voulait à cet homme de lui faire vivre de telles horreurs. Partagée entre l'envie de trouver une famille et celle de voir cet homme mort, peut-être par sa main, elle se sentait perdue et vaciller. Parfois, elle se demandait si elle ne finirait pas par perdre la raison. Une vie de dur labeur l'attendait, toujours le même,  chaque jour. A quoi bon s'y accrocher? Prendre une corde et un tabouret semblait si simple, se jeter dans les griffes de brigands, convoquer un sorcier, tout aurait été plus simple que la vie qu'elle menait. Mais Kaela n'avait pas le courage de mettre fin à ses jours, elle craignait la mort, pourtant signe de libération.

Son corps était douloureux, chaque respiration la brûlait comme un feu ardent au creux de sa poitrine. Elle avait même l'impression de sentir ses os se disloquer sous la fine couche de peau qu'elle possédait. Mais le pire, sans doute, était cette marque que Ferenbach avait apposé sur elle. Cette plaie qui ornait à présent sa joue maigre. Elle était honteuse de porter un tel affront sur elle. Bien que l'estime d'elle-même n'eut pas fait parti de son éducation, elle restait néanmoins un être humain, doté d'un caractère et d'un égo. Ego que les Ferenbach s'amusaient à écraser un peu plus chaque jour, ils lui faisaient regretter chaque respiration, chaque instant depuis sa venue au monde dans un endroit qu'elle ne connaissait même pas. Kaela sentit ses sourcils se contrarier alors qu'elle croisait le regard d'une jeune femme qui venait de commander sa viande, juste avant elle. La belle brune observait l'hématome de sa joue avec une pointe de pitié et... et quel était ce regard? La rousse n'aurait su le dire. ❝ je… ❞ commença-t-elle avant de laisser sa phrase en suspens quelques instants. Kaela lui intima d'un signe de la tête de continuer, elle l'encouragea muettement. ❝ je...  je vous conseille l’hélichryse pour … enfin pour… ❞ machinalement, Kaela leva sa main jusqu'à sa joue pour effleurer celle-ci ce qui lui arracha une grimace de douleur. Puis elle baissa les yeux, penaude, honteuse.

La belle brune se décala quelque peu, ayant payer son du au marchand, elle laissa sa place à Kaela qui l'observait toujours d'un oeil assez curieux. Elle prit quelques côtes de porc qu'elle cuisinerait en rentrant à la demeure pour le déjeuner des époux, ainsi que des tranches de lards pour le petit déjeuné de Madame. Le boucher énonça un prix que Kaela ne put réellement comprendre, ses compétences en mathématique étaient limitées. Elle tendit un certain nombre de couronnes, espérant que le compte y serait. C'était sans savoir bien sûr, qu'elle en avait donner trop. Le marchand ne lui rendit pas le trop plein et se garda bien de l'en informer. Le remerciant d'un sourire sincère et timide, elle s'éloigna à son tour de l'étale dont l'odeur de viande et de sang séché commençait à lui donner la nausée. La jeune femme était toujours là, sûrement du même âge qu'elle. Peut-être vivait-elle la même chose, peut-être était domestique elle aussi. Leurs vêtements étaient similaires tant leur qualité était déplorable, mais au moins, la cape que portait la brune sur ses épaules était bien taillée, bien mieux que celle de Kaela. Prenant son courage à deux mains, la jolie rousse s'avança vers la jeune femme. «Je-Je vous... remercie.   » murmura-t-elle si bas qu'elle eut un doute quant au fait qu'elle l'eut entendu. Kaela inspira profondément, elle s'adressait rarement aux autres. Elle tentait de s'exprimer le moins possible, son langage était déplorable, elle avait tendance à mal prononcer  les mots ce qui les rendaient parfois incompréhensibles. Pire encore, à chaque fois qu'elle ouvrait la bouche pour parler, elle se sentait idiote. L'expression qu'on lui portait par la suite était souvent teintée d'un peu de pitié, de moquerie et d'amusement. Rien n'était flatteur, elle savait qu'ils voyaient bien qu'elle n'était pas cultivée, pas même particulièrement intelligente. « Merci.   » répéta-t-elle un peu plus fort. « ...pour le conseil.  » elle se sentait obligé de le préciser. « Êtes-vous... domestique, vous aussi ?  » En un sens, Kaela espérait ne pas se tromper, poser une telle question à une personne bien née ou qui exerçait une autre profession pouvait être mal pris. Le statut de domestique n'était certainement pas quelque chose de glorieux, que ce soit pour elle ou pour les autres. Elle se mordit la lèvre inférieur, s'intimant mentalement que de telles questions ne devaient jamais être posées de la sorte. Mais Kaela avait envie de rencontrer, quelqu'un qui puisse comprendre son enfer, quelqu'un comme elle.... En même temps, elle éspérait de tout coeur être la seule des deux à vivre de telles horreurs. Elle n'aurait jamais souhaité sa vie à quiconque.

Réservé, Wilhelmina- 1088 mots.

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MessageSujet: Re: WILHELMINA • Make a wish [FLASHBACK]    

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